
Photos par Raphaël Brageul, Yvan Pellegrinelli et Martin
On ne va pas mentir, il a bien fallu attendre un mois avant de rechausser les skis pour de vrai après un passage de l’hiver en décembre 2022 qui fut court. Un épisode de froid et une chute de neige, concentrés sur la Haute Savoie, avaient néanmoins permis de démarrer la saison avec une petite sortie au Mont Joly le 11 décembre, suivi d’une première montée au Pic de la Belle Etoile en Belledonne. Manque de sous-couche et peu de neige en-dessous de 1 700 m, les températures frigides assuraient quand-même du bon ski pour un début de saison, même si les skis prenaient chers. Inutile de croire que ça aurait pu perdurer. Le redoux était vite arrivé, a fait monter l’iso-zéro à 3 000 m et a transformé toute précipitation en pluie. Inutile aussi de penser que ma fuite vers Autriche aurait pu aider, l’hiver ne restait pas plus réel à l’est.



Début de saison correct mais fin de decembre, c’est la fin de la piste ou la fin de l’hiver ?
Le mois janvier, par contre, a su faire un bon effort pour que l’hiver se rattrape. Un premier repérage en Belledonne lundi 9 janvier, pendant l’arrivée de la première perturbation du nord-ouest, reste déprimant. Toute neige tombée en décembre avait bien disparue en-dessous de 2 500 m et la nouvelle chute reste inconséquente. La théorie, ou plutôt la loi ( ? ) du bon mardi de Robin, par contre, ne déçoit pas, et pas non plus le constat que la Maurienne est capable de ramasser des systèmes de basse pression depuis l’ouest ainsi que le sud-est. Raph et Flo auront vite posé leur mardi et, les semelles des skis bien rebouchées de naltène, on vise les Karellis derrière une déneigeuse qui dégage une belle couche de 50cm de la route devant nous. Je me souviens vite que c’est inutile d’essayer de suivre Robin dans une montée en rando et retrouve mon souffle en retirant les peaux pour rejoindre les deux autres au télésiège. Les 6 000 m de dénivelé de la journée dans 60-70cm de poudre froide me donnent raison. On retrouve Robin à la pinte de fin de journée à la Gamelle en bas du premier tire-fesses d’Albanne.
Jour de repos vite oublié, jeudi 12 nous amène en Lauzière avec Raph, qui n’a toujours pas envie d’aller travailler. On trouve une nouvelle petite couche sous le télésiège de la Lauzière de St François, qui reste fermé pour la journée, et dans la combe sous du Col de la Flachère. Malgré les autres randonneurs dans le secteur, on se sent seul au monde et on ne croise aucune trace de descente. Le ski est toujours aussi bon.






Retour de la poudre aux Karellis et en Lauzière
Il reneige de manière généreuse pour un 21e siècle la semaine d’après. La météo n’a pas échappé aux deux Alex, dont l’un monte des Hautes Alpes tandis que l’autre descend d’Annecy. Jeudi 19 on se retrouve tôt a l’aire de covoiturage, Matéo nous rejoint en route pour Chamonix, et, bières fraiches dans le coffre, on part de Lieulever vers le Grand Arc. La nouvelle couche est également d’une bonne 50aine de centimètres en épaisseur, la trace fait mal dans les cuisses et on s’arrête au Petit Arc par prudence. La descente est excellente même s’il commence à manquer de pente pour les quantités de neige. Mais non, on ne va surtout pas se plaindre, sauf Matéo qui laisse un gros morceau de carre de ses Dynastar sur un caillou au premier virage. La bière au parking donne un peu de confort dans la douleur de la perte. La semaine se termine avec une bonne dose de fondue à la maison et une journée en station à Méribel grâce à l’accueil de Fred à l’appartement de sa famille.






Petit et Grand Arc



Parenthèse en plaine
Disons-le franchement, quand il y a de la neige et il fait froid, ce n’est pas la peine d’aller loin pour faire du bon ski. Selon des sources plus ou moins crédibles, il paraît que le charme des Bauges est assez directement lié au caractère relativement éphémère de leurs bonnes conditions d’enneigement. Tenant compte des températures basses et des dernières chutes, on n’hésite donc pas un moment à viser un classique du coin. RDV vendredi matin à Grésy-sur-Aix pour être au parking du Reposoir au-dessus de Bellecombe peu après mais loin d’être les premiers. On aura vite doublé les autres groupes dans la montée à la Dent des Portes. Une traversée de l’arête et une dernière montée par l’épaule bien dégarnie plus tard, on se retrouve, malgré tous nos efforts, à 15 à l’entrée du couloir nord du Trélod. Par peur de l’autorité ou bien grâce à leur test de stabilité de neige avec un soldat-skieur encordé, on donne priorité dans la descente aux chasseurs alpins qui nous ont suivi à la montée mais nous suivons vite leurs traces de descente, ce qui ne plaît que moyennement au groupe annecien arrivé peu après nous. L’ordre de priorité est vite oublié au bout de 500 m de dénivelé en poudre 5* et stable, et tout le monde arrive en bas avec le grand sourire. Petite remontée à la crête et la descente finale de la Dent des Portes est un bonus en plaisir pur. On se rejoint le lendemain avec Robin et Yvan pour un tour dans le Beaufortin où il fait tout aussi beau et tout aussi froid, avec une neige qui reste toute aussi bonne. On vise les Rochers des Enclaves mais la sortie se termine en rotations entre le Lac de la Girotte et la Montagne d’Outray. Journée de repos dimanche avec qu’une petit balade de 600m dans les Bauges parce que c’est beau, ce n’est pas loin est les bonnes conditions ne s’avèrent pas aussi éphémères que ça. Et oui, ça doit sûrement faire du bien aussi pour les ligaments croisés de Joanna.






Toujours aussi beaux les Bauges






Pas moins beau le Beaufortain
Pas grande chose en neige de prévue pour le reste du mois, un petit retour d’est qui s’accroche à la frontière italienne m’amène à Montgenèvre vendredi 27 après un petit détour par la Grave. Je rejoins Dianath avec un groupe d’amis parisiens et lyonnais pour la journée en station. Pour samedi et dimanche, on ne dit sûrement pas non à l’invitation très aimable de Joanie et Clément au Rivier d’Allemont. Le fait qu’il ait neigé un peu moins dans le coin ne nous empêche pas de faire deux belles sorties au-dessus de la mer des nuages qui entoure le sud des Belledonne. La qualité de la raclette du soir est bien superieure à celle de la neige, qui reste froide mais est entre-temps aussi bien cartonnée par le vent.






Belle raclette, belles Donnes

Clôture mensuel dans le Queyras
Alex remonte du sud pour lundi 30, et on clôture le mois de janvier 2023 avec un dernier tour au Cime de la Charvie dans le Queyras, avant qu’un fort vent de nord ne se mette en place et finit par balayer la neige de partout. On fait connaissance des nouveaux propriétaires du Petit Serf à Cervières, bien accueillants et fier d’une cuisine simple et excellente, tandis que l’anticyclone qui se profile pour le mois de février a l’air nettement moins sympa. En tout état de cause, à la clôture mensuel je comptabilise 14 jours avec les skis chaussés sur 31, dont la grande plus part sur une neige 5 étoiles. Ce mois de janvier comme on l’aime risque de devenir un concurrent sérieux pour le meilleur mois de la saison 2022/23.
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